Etat Islamique revendique l'exécution d'«homosexuels»

L'organisation jihadiste prétend avoir procédé à la lapidation d'un jeune gay en Syrie, après la découverte d'images compromettantes sur son mobile.

etat-islamique

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation proche de l'opposition au régime syrien basée à Londres, a rapporté mardi l'exécution de deux «homosexuels» présumés par l'organisation Etat islamique. L'un d'eux, âgé d'une vingtaine d'années, aurait été lapidé à Mayadin, après avoir été accusé par les jihadistes d'avoir commis des «actes indécents avec d'autres hommes». Des vidéos auraient été retrouvées sur son téléphone portable. L'autre exécution se serait déroulée non loin de là, dans la ville de Deir Ezzor. La victime serait un jeune de 18 ans, opposant aux jihadistes.

En septembre dernier, les rebelles, qui contrôlent une large part des territoires syrien et irakien, dont la deuxième ville irakienne, Mossoul, avaient annoncé leur volonté de s'en prendre aux gays, comparé à des «animaux», et placés dans la même catégorie que les dealers de drogue et les pédophiles. Depuis son offensive en Irak, cet été, Etat islamique est accusé par l'ONU d' atrocités de masse et de crimes contre l'humanité.

Ecrire a deux...Un petit texte inédit d'Abdellah Taïa

abdellah taia 3

"J'espère toujours que quelqu'un va arriver et me sauver. Non pas un prince charmant. Pas du tout. Mais une personne, un homme, qui me permette de m'alléger. M'oublier. Dépasser la langue, la parole. Créer un nouveau langage. Ne plus se contenter des mots tels que les êtres humains les utilisent. Inventer une autre façon d'être... 

Une langue inconnue. 
Je n'attends pas de l'amour qu'il m'aide à vivre, à travailler. Me soutenir. Non, jamais. Je voudrais un miracle. Une communion. Une nouvelle religion. Une écriture à deux... 
Evidemment, je suis conscient que tout cela est impossible. Mais je continue d'y croire. Et c'est pour cela que j'écris, aussi. Parce que je crois. I believe... 
Le miracle dont je parle s'est produit une fois, en 2000-2001, avec un homme tunisien: M. A Paris. Dans la langue arabe et en dehors d'elle. Il était fou d'amour pour moi, fou comme dans les poèmes, les tragédies. Fou et vrai. Fou et beau. Fou et incroyablement jaloux. 
Il m'a fait peur, M., malgré lui. Traitre, je suis parti. Je l'ai quitté. 
Aujourd'hui, je le regrette. 
Avec M., je n'étais plus moi: j'étais mieux que moi. Quelqu'un d'autre. Une vie ailleurs.
Confiant, je m'élevais. Je priais. Je volais. Je chantais. Et je mourrais. Ravi.
Il était grand, M., depuis le premier jour plus grand que moi dans l'amour sublime. Il m'a dépassé, vite, très vite. 
Jaloux de cette foi énorme et de cette lumière pure qui émanaient sans cesse de lui, j'ai inventé des prétextes lâches et je me suis enfui. 
J'ai commis un crime.
J'avais 27 ans."


Abdellah Taïa

Un débat sur la dépénalisation de l'homosexualité est-il possible en Tunisie ?



Peut-être qu'il conviendrait mieux de se demander si la société tunisienne est prête à parler des libertés individuelles. Les gens prêtent beaucoup d'attention au "qu'en-dira-t-on" et, tout ce que fait le tunisien est donc calculé afin de donner une image qui corresponde le mieux à ce que la société attend de lui. Du coup, ces libertés sont inhibées par cette peur démesurée du rejet de la société. 
Pourquoi cette peur du rejet ?
D'un côté, la réalité économique (chômage des jeunes et précarité) du pays rend la jeunesse très dépendante de la famille et donc, il est inconcevable pour les jeunes de quitter le cocon familial. Ajoutons à cela cette tradition méditerranéenne qui fait que les jeunes ne quittent la maison familiale que "mariés ou morts".
D'un autre côté, le tunisien, à cause d'une profonde crise identitaire a un besoin d'appartenance plus marqué que la normale. Il essaye inconsciemment de ne jamais sortir du lot et de se conformer aux normes contradictoires issues de deux cultures très différentes. Ceci crée une schizophrénie culturelle. Cette dernière engendre une paranoïa qui résulte de la peur d'être jugé et rejeté par cette société bipolaire. 
Un troisième et dernier facteur, qui est le plus influent à mon sens, et très lié au deuxième se traduit par la peur du rejet par le Créateur. Il s'agit du facteur religieux. Une nouvelle interprétation de l'islam qui respecte ces libertés est donc obligatoire.
Ces quatre facteurs (économique, social, culturel et religieux) combinés handicapent les libertés individuelles et rendent le débat très difficile.
Peut-on les contourner ? Y a-t-il un moyen d'engager le débat ? 
Quelques uns vous diront qu'il faut brusquer les choses et foncer tête baissée droit devant. Cette technique pourrait être efficace certes. Mais, dans une société comme la nôtre, elle pourrait se révéler destructrice surtout si elle n'est pas accompagnée et cadrée par un débat. Nous perdrions le soutien de ceux qui se disent progressistes et qui sont, pour la plupart, atteints de cette schizophrénie culturelle. Un débat avec ces derniers doit d'abord avoir lieu. Il s'ouvrira petit à petit à tous les autres segments de la société.
Une prise de recul par rapport à la religion et un débat avec des modernistes (tels que Olfa Youssef, Talbi, Ludovic-Mohamed Zahed) pourraient être très bénéfiques puisque cela permettrait de ne pas exclure les religieux. Par ailleurs, ne pas oublier d'y intégrer les notions primaires des libertés individuelles est aussi très important. La société doit se remettre en question et apprendre à respecter la vie privée et les libertés d'autrui. 
Le tunisien doit sortir de cette soumission à la famille et à la société et vivre son adolescence, il devra détruire les barrières de la honte et s'affirmer en tant qu'individu et non un membre d'une caste. Cela prendra peut-être du temps mais avec les derniers changements d'une rapidité vertigineuse on peut garder de l'espoir et continuer le combat.

La deuxième grande question qu'il faudra se poser est : pourquoi une telle réticence par rapport à l'homosexualité ?
La réponse est à la fois simple et très complexe. D'un point de vue culturel, le tunisien a été bercé dans un environnement très homophobe et donc, par conséquent, mimétisme bipolaire oblige, il devient comme les autres. Ce qui est en revanche compliqué à expliquer, c'est l'homophobie collective. Cette dernière résulte de plusieurs facteurs qui interagissent fortement entre eux : religion, société machiste, traditions, histoire contemporaine, contexte géopolitique, idées reçues sur l'homosexualité...
Oui mais pourquoi empêcher les gens de vivre leur vie en paix même si on n'est pas d'accord avec ce qu'ils font ?
Là, les deux seules réponses que j'ai trouvées sont :
1 - Les interprétations de la religion qui poussent les gens à juger les autres et à leur imposer un certain mode de vie.
2 - Une société qui se veut parfaite et où, sortir des normes imposées par le simple fait d'être soi-même est répréhensible.

Donc, pour conclure, le débat sur la dépénalisation de l'homosexualité doit s'engager sur deux axes : d'abord les libertés et la vie privée et ensuite l'homosexualité et le cadre juridique de cette loi anticonstitutionnelle.



source: lgbtrightstunisia

Quels sont les pays les plus (et les moins) répressifs vis-à-vis de l'homosexualité en Afrique?

"The Advocate" fait un tour des législations concernant les gays et les lesbiennes en Afrique.


The Advocate publie un état des lieux complet de l'état des droits LGBT dans les pays africains. Le magazine/site gay américain rappelle que 36 pays d'Afrique ont des lois répressives contre l'homosexualité. Dans trois d'entre eux, cela va même jusqu'à la peine capitale (le Soudan, le Nigeria et la Mauritanie). Douze nations en revanche ne possèdent aucune loi de ce type et l'Afrique du Sud est la seule à accorder le mariage aux couples gays et lesbiens, ainsi qu'une protection contre la discrimination, inclue dans la Constitution. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les homos ou les trans vivent forcément sans problème.

Lire The State of LGBT Equality in Africa [en]

Illustration The Advocate

Témoignage Yassine: Homosexualité : un fardeau ?


Par où commencer ? On vous dira sûrement que c'est facile à assumer et que vous y parviendrez facilement - ce qui n'est pas si faux que ça - mais vous penserez sans nul doute que c'est plus facile à dire qu'à faire. J'ai aujourd'hui 25 ans et il m'a fallu beaucoup de temps pour y parvenir.

 

Tout a commencé quand j'étais adolescent. A l'époque, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait et j'ai donc refoulé cette chose ou plutôt ce "fardeau". Oui, c'est ainsi que je concevais la chose. C'était une période dure, très dure : Il fallait que je bouscule toutes les idées reçues et il fallait tout chambouler dans ma petite tête. Toute une série de questions ont défilé dans mon esprit. Des questions classiques que j'ai énumérées dans ma lettre de coming-out. Vous la trouverez à la fin de ce petit témoignage parce que je pense que ça peut vraiment aider des personnes en détresse, qui sont dans l'état dans lequel j'étais pendant de nombreuses années.

Le déclic : à mon arrivée à Paris, j'ai pu voir et côtoyer des gens qui partagent la même orientation sexuelle que moi. Des gens qui vivent pleinement leur homosexualité et qui ne prêtent aucune attention aux ragots et aux quolibets. Ceci a réveillé la bête qui jusqu'alors sommeillait en moi durant toutes ces années. A l'époque, j'avis 23 ans. J'ai eu un ras-le-bol de cet état d'inhibition et de déni. J'ai commencé à avoir des expériences sexuelles avec des hommes, chose qui m'était inconcevable quelques mois auparavant. Les premières expériences n'étaient pas très réussies parce qu'elles étaient suivies d'un mélange de dégout de soi-même, de regret et de culpabilité. Certains hommes étaient gentils avec moi et m'ont donné des conseils. C'est comme si j'avais été adopté par ces personnes qui connaissent si bien ma situation. Le fait d'en parler avec des gens qui nous comprennent aide beaucoup.

Étant excessivement timide, je me suis tourné vers un forum LGBT profitant de l'anonymat offert par internet. Ensuite, j'ai contacté SOS homophobie et là, une personne très compétente s'est occupée de moi. Elle était très compréhensive et connaissait très bien le sujet. Ça m'a permis de me remettre en question et de revoir en profondeur tous les aprioris que j'avais, notamment grâce a des lectures et des films qu'on m'a conseillés. J'avais dévoré tous les romans d'Abdallah Taïa, cet écrivain homosexuel marocain avec qui je partage bien plus qu'une orientation sexuelle. Comme moi il est issu d'une société régie par des normes paradoxales, une société où règne une hypocrisie sociale révoltante et dont le poids est assez pesant. Un de ses meilleurs romans vient d'ailleurs d'être adapté au cinéma : L'armée du salut.

 

Petit à petit, le processus d'acceptation s'intensifiait et chaque jour qui passait, je sentais la différence. Je regagnais confiance en moi-même et je m'assumais de plus en plus. La clé de réussite de cette étape est de se dire que "c'est normal" et de dédramatiser la chose. Il faut prendre la chose comme un paramètre parmi tant d'autres même s'il peut se montrer déterminant sur certaines décision que vous devrez prendre dans votre vie.J'ai longtemps hésité entre le fait de rester à Paris ou de rentrer à Tunis où j'aurais une meilleure vie sur le plan matériel. La décision fut difficile à prendre mais j'ai finalement opté pour l'épanouissement personnel que pourrait m'apporter la ville des lumières. Oui, ici tout est possible. Pour ceux qui en ont envie comme moi, une vie de famille est envisageable grâce aux lois votées récemment. Pour conclure sur le sujet de l'acceptation, sachez chers lecteurs que c'est possible et que même si c'est difficile — oui, ce n'est pas évident et je ne vous le cacherai pas —, qu'à l'issue de cette phase, vous serez en PAIX avec vous-même et ça, ça n'a pas de prix.

 

Je l'ai ensuite dit à mes amis les plus proches : un enchaînement de coming-out qui ont tous amélioré mes relations avec eux parce que je n'avais plus rien à leur cacher et que je suis devenu moi-même. Sachez juste choisir des gens qui vous méritent ! Une personne qui ne vous accepte pas comme vous êtes ne vous mérite pas. Pour ma part, depuis ma plus tendre enfance, j'ai inconsciemment choisi des amis ouverts d'esprit. Enfin vint le temps de vérité envers ma famille. Je n'ai pas supporté de vivre dans le mensonge. Libre à vous de le dire ou pas ! Je sais que dans certains cas, surtout dans les pays du Maghreb et du monde arabe plus généralement, mieux vaut l'ignorance. Ma famille étant ouverte d'esprit et pas très religieuse, j'ai décidé de le leur annoncer. Suite à la lecture de la lettre que vous trouverez en bas du témoignage, ma mère, les larmes aux yeux, m'avait dit : "Tu es mon fils et je t'aime !" C'était un soulagement sans précédents : des années d'angoisse, de dépression et de mélancolie évincées par ces quelques mots.

 

Aujourd'hui, je me sens serein et je suis en paix avec moi-même. Donc, pour ceux qui disent que ce n'est pas possible, sachez que ça l'est vraiment ! Il y a 4 ans je n'aurais jamais cru que je pouvais vivre comme aujourd'hui : LIBRE.

 

Ci-dessous ma lettre de coming-out  avec quelques parties intimes qui ont été supprimées :

 

Maman,

Mère adorée,

 

Ces dernières semaines, je suis passé par des moments difficiles qui ont fait émerger cette dépression latente ; une dépression qui a nourri mon mal-être durant des années et des années. Comme nous en avons discuté à maintes reprises, une bonne partie de cette dernière est due à un sentiment de culpabilité envers toi. Tu t'es toujours sacrifiée pour nous et, pour moi par conséquent, je devais être irréprochable et ne jamais te décevoir. Je devais être le fils parfait. 

 

Pendant de longues années j'ai lutté contre moi-même, j'ai lutté contre la personne que j'étais réellement. Pendant de longues années, j'ai dû me conformer à tes attentes et celles de la société : me glisser dans un moule tout prêt que je n'ai pas choisi. Le combat était rude, car il n'y a rien de plus difficile en ce monde que le refoulement et l'inhibition de ses désirs.

 

L'acceptation de cette réalité pour moi fut plus que difficile... des années de questionnement : Suis-je normal ? Est-ce normal ? Pourquoi est-ce que je ressens cela ? Pourquoi suis-je comme ça ? Pourquoi moi ? Peut-être serait-ce une maladie ? Ou une tare comme "ils" le disent ? Serai-je capable de vivre avec ce "fardeau" ? Serai-je capable de vivre cette "chose" ouvertement ? Bref ! Un ensemble de questions qui m'ont plongé dans un océan de mélancolie, un abîme où tout était flou et où, chaque jour qui passait, je me sentais encore plus perdu et plus malheureux. 

 

Comme je l'ai dit plus haut, tu t'es sacrifiée pour nous et tu nous as consacré toute ta vie. Tu as toujours été une mère parfaite et tu l'es toujours. Aujourd'hui je suis arrivé à un point de ma vie où je veux vivre, où je veux être moi-même sans peur ni culpabilité. Or, il y a toi. Je t'en ai voulu pour ça. Je t'en ai voulu parce que je t'aime trop et je ne m'aime pas assez pour m'affirmer et connaitre le bonheur comme mes semblables. 

 

J'ai menti à tout le monde et, plus grave encore, je me suis menti à moi-même en essayant de vivre dans le déni. Un déni qui m'a tant fait souffrir, un déni qui m'a fait perdre toute confiance en moi-même. J'ai vécu dans la peur, l'angoisse, l'amertume et l'isolement (même si j'avais mes amis). J'ai mis en place une barrière qui a failli me tuer, une barrière qui a aspiré toutes mes forces et aujourd'hui je veux m'en défaire pour vivre une vie "normale", une vie sereine (mot qui m'est si étranger).

 

Aujourd'hui je suis dans un état de torpeur parce que je ne sais plus ce que je dois faire et même si parfois je le sais, je ne sais pas comment le faire. C'est comme si le noyau en fusion maintenu par ces forces qui m'épuisaient durant toutes ces années était en train de dégénérer à cause de la dissipation progressive et non voulue de ces dernières. Les crachats de feu sont en train de gicler dans tous les sens. Le mur de cloisonnement que j'ai construit pour protéger cette zone tumultueuse est en train de s'effondrer. Les pensées ne sont plus contrôlées, les dire l'est encore moins. Panique, incompréhension, confusion, sidération... Tout est là. Tout. Je suis en train de me noyer de plus en plus. Je suffoque à cause de ce "fardeau" que j'ai porté depuis si longtemps. 

 

Maman, j'ai envie de vivre. J'ai envie, pour une fois dans ma vie, d'être égoïste et vivre ma vie comme je l'entends. Je suis un peu - euphémisme de l'année - différent des autres. Ce n'est ni une tare, ni une maladie. J'aime juste mes semblables. J'aime les hommes. C'est quelque chose que je ne contrôle pas. C'est dame nature qui en a voulu ainsi et je pense qu'on doit se plier à ses caprices pour trouver la paix avec soi-même.

 

Je veux que tu saches que ce n'est pas à cause de toi ni à cause de Papa. Je suis juste comme ça et je l'ai toujours été. Je me suis toujours caché de peur du rejet mais là je n'en peux plus. Je ne peux plus vivre comme ça. Je veux avoir un amant, je veux de la stabilité, je veux me marier un jour, je veux avoir des enfants ! Oui aujourd'hui c'est possible ! Je veux que tu saches aussi que je suis loin d'être le seul. En revanche, je fais partie des rares [maghrébins] qui s'assument et qui veulent être francs envers eux-mêmes, leur entourage et bien sûr envers cette société régie par ces normes archaïques.

 

Maman, 

Je veux me battre, je veux m'affirmer. Ça sera dur pour toi mais sache que ça l'est beaucoup plus pour moi. Je veux être heureux ! C'est tout ce que je te demande !  C'est tout ce que je demande aux gens qui m'aiment ! 

 

Maman,

Accepte-moi comme je suis ! Aime-moi comme je suis ! L'amour entre deux personnes du même sexe n'est pas si différent. C'est sain ! C'est pur ! Et ça apporte de l'apaisement et de la sécurité.

 

(…)

 

J'aimerais que tu me soutiennes, j'aimerais que tu sois la même avec moi, j'aimerais que tu gardes tes rêves, tes rêves de mère : petits enfants et famille... Je vivrai très probablement en exil jusqu'à la fin de mes jours parce que c'est le seul moyen de vivre comme je veux. C'est le seul moyen de trouver l'épanouissement personnel.

 

Je culpabilise tant de te l'avoir dit mais sache que ce n'est pas de l'égoïsme mais, bien au contraire, une preuve d'amour. Je veux que tu me connaisses mieux ! Je veux que tu me comprennes et que tu m'aimes pour ce je suis réellement. Parce que oui Maman je suis Gay, et oui cela ne changera rien parce que ce n'est qu'un détail.

 

Tu vas sûrement avoir peur des autres et du "qu'en-dira-t-on" et je le comprends. J'essayerai d'être discret à Tunis. J'essayerai de ne pas t'attirer la "honte" et le "déshonneur". Et même s'ils l'apprennent, détache-toi un peu de leurs dires et de leurs ragots. Tu dois être au dessus de cela. Tu dois être forte (tu l'es d'ailleurs, sinon tu ne serais probablement plus de ce monde aujourd'hui). 

 

Ici, à Paris, je me suis fait de nouveaux amis et ils m'acceptent comme je suis. Parmi les anciens : D., K. et W. l'ont appris et l'ont très bien pris. Ils me considèrent toujours comme un de leurs meilleurs amis et il m'ont soutenu même si des fois je ne me suis pas montré à la hauteur à cause de ma dépression. 

 

Je l'ai dit à F. (ma soeur) il y a deux ou trois semaines et elle a dit qu'elle m'aimait toujours autant et qu'elle allait me soutenir quoi qu'il arrive. Elle m'a demandé d'ignorer les gens et la société barbare au sein de laquelle j'ai vécu.

 

Comme toutes les mamans, tu vas avoir du mal à l'accepter au départ. Ça va chambouler tous tes rêves et toutes tes attentes. Comme toutes les mamans, tu vas penser que c'est à cause de toi. Je te le répète encore une fois, c'est naturel ! Ce n'est pas une maladie. On vit avec comme on vit avec un gros nez ou des oreilles décollées... :-) Je sais que tu es capable d'acquiescer. Ça prendra peut-être un peu de temps mais ça se travaille. Je te donnerai des films et je t'enverrai des livres sur ça si tu le veux. 

 

Que te dire de plus ? Je t'aime maman et tu es la personne que je chéris le plus en ce bas monde. Tu es ma source d'espoir. Tu es la personne qui m'a inculqué les bonnes valeurs et l'amour de mon prochain. Papa aussi m'a beaucoup appris et il me manque. Quand je touche le fond j'essaye de penser à toi et à ta force de caractère dont tu n'es pas consciente, j'essaye de penser à Papa, de tirer des leçons de ses erreurs et d'agir comme lui en aidant celui qui a besoin d'aide et en pardonnant aux gens leurs bavures et leurs bêtises parce qu'ils sont humains.

 

Je t'aime maman. 

Ton fils, 

Yacine*

 

 

Témoignage reçu en mai 2014 
* le prénom a été modifié

Pétition Amnesty Tunisie : “L’homosexualité n’est ni une tare ni une maladie”

Pétition solidaire avec Amnesty Tunisie :

Pétition solidaire avec Amnesty Tunisie : "L'homosexualité n'est ni une tare ni une maladie, les homosexuel(le)s sont des êtres humains à part entière, qui ont des droits et des devoirs comme tout citoyen .
Il est inadmissible encore en 2014 de rejeter des concitoyens(ne)s parce qu'ils sont homosexuel(le)s.

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Amnesty_Tunisie_Supprimer_lArticle_230_du_code_penal_Tunisien_1/?sbPZjhb

Les traiter de tous les noms (Pd, cheval, gouine, pédale, hsan...) ou traiter une personne qu'on n'aime pas de tous ces noms, regarder de travers quelqu'un pour son homosexualité, refuser d'embaucher une personne pour ce même motif, refuser l'amitié de quelqu'un car il est "soupçonné" d'homosexualité etc. ..... sont tous des signes de rejet, de discrimination et donc d'homophobie et de lesbophobie.
En Tunisie, la loi punit l'homosexualité et l'homosexuel (le)s... Les médias parlent de déviance sexuelle (choudhoudh jensi) et de fléau social (comme le tabac, l'alcool ou la drogue...).
Dans l'esprit de beaucoup, les homosexuels (le)s sont des pédophiles et des pervers sexuels dont il faut préserver les enfants.
N'oublions pas que l'homosexualité est pénalisée dans 80 pays et qu'en Iran et en Arabie Saoudite les homosexuel(le)s sont condamné(e)s à mort.

Des crimes sont aujourd'hui commis au nom de l'homophobie et de la lesbophobie en toute impunité.

Pour cela, nous exigeons de :
1. Supprimer toutes les lois discriminamtes contre les tendances sexuelles gays des personnes majeurs (Supprimer l article 230 du code pénal Tunisien).
2. Préparer un projet de lois dans la constitution qui donne tout les droits universels pour les LGBT en Tunisie
3. Préparer un projet de lois dans la constitution qui punie toute acte de discrimination et toute sorte de discours de haine contre les LGBT Tunisien.
4. Nous espérons d'avoir une reconnaissance envers les homosexuels et d'obtenir la création d'une association gay en Tunisie d'ici 2015 pour plus de liberté individuelle.

Je soussigné, FRAY SAMI FOURAT, titulaire de la carte d'identité numéro 07009692, Passeport Numéro T642941.

Je suis responsable de cette pétition et je serais responsable devant la justice de mes actes. Je lutte contre tout acte homophobe.

fourat@laposte.net

Maroc : 83% d’homophobes !



Selon un récent sondage, 83% des Marocains seraient homophobes, c'est-à-dire contre l'homosexualité.

Selon un sondage réalisé par l'institut TNS, 83% des Marocains interrogés se déclarent « pas du tout favorables à la tolérance envers l'homosexualité » alors que seulement 11% de déclarent favorables. Cette proportion de plus de 8 personnes sur dix semble logique dans un pays où l'article 489 du code pénal punit tout acte sexuel entre deux personnes de même sexe d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.

Mais ce qui choque dans ces 83%, c'est que 80% de ces mêmes personnes considèrent que la « tolérance » est l'une des valeurs les plus appréciées des Marocains. Ce résultat est totalement incompatible vu que tolérance et homophobie sont complètement incompatibles !